Petit récap' sur la Japan Expo 2010 et quelques impressions sur les jeux qui m'ont interpelé.
Comme chaque année depuis 11 ans, le Parc des Expositions de Paris-Nord Villepinte a accueilli le salon Japan Expo. L'évènement, se déroulant sur quatre jours, est consacré aux principaux éléments de la culture nippone voire asiatique au sens large. Manga, anime, arts martiaux, mode, musique, cinéma et bien sûr des jeux vidéo. En terme de fréquentation, non contents des 168 000 personnes de l'an passé, les organisateurs planchent cette année sur environ 180 000 visiteurs. Et vu l'affluence aperçue par Bibi samedi dernier, il paraît plus que vraisemblable que le record de l'an passé soit battu. D'autant qu'une « extension » Comic' Con (qui s'intéresse principalement aux comics et séries US) était de la partie pour cette onzième édition. Certains seront ravis de voir ces deux univers réunis dans un même salon, d'autres trouveront que la Japan' (comme l'appellent les intimes) perd peu à peu de son essence.

Au niveau du jeu vidéo, il faut bien avouer que l'ensemble paraissait globalement moins intéressant que les autres années pour nous autres journalistes. En effet, les éditeurs étaient moins nombreux (aucun stand Capcom ou Ubisoft par exemple cette année) et les choses « croustillantes » également. Il a été, assez logiquement, difficile pour les intéressés de nous proposer de nouvelles choses à peine 15 jours après la fin du salon E3 2010 de Los Angeles et à quelques semaines de la future Games Com. Cela dit, il y avait du jeu vidéo un peu partout, y compris dans des stands d'éditeurs de livres comme Glénat. Des petites bornes par-ci, des concours de Dance Dance Revolution ou de jeux de combat par-là, ou encore l'espèce de micro-évènement promotionnel « Soif de Jouer » Coca-Cola Zero mettant en scène certains personnages d'Ubisoft et proposant de jouer au dernier titre des Lapins Crétins. Signalons au passage que si des canettes de ladite boisson étaient offertes au public, ces dernières ont malheureusement été lâchement abandonnées un peu partout dans le salon... offrant un spectacle assez navrant. Malgré la pluie qui nous a gracieusement accueilli samedi matin (pratique quand on est venu comme moi en tenue spéciale « soleil »... sans parapluie donc), les joueurs ont bien rempli les différents stands.

Chez Namco Bandai, nous avions notamment droit à du
Naruto Shippuden : Ultimate Ninja Storm 2,
Dragon Ball : Raging Blast 2,
Full Metal Alchemist PSP (déjà sorti chez nous), le nouveau
Family Trainer (architecturé cette fois comme un jeu d'aventure) ainsi que
le nouveau Blue Dragon sur DS.
Le plus marquant pour moi a été le jeu estampillé
Naruto, qui une fois de plus (même si le moteur graphique paraît quasi inchangé) flatte la rétine et fera une fois de plus mouche auprès des fans. C'est d'ailleurs le jeu qui a rallié le plus de visiteurs sur le stand, ce samedi. Au-delà de son aspect esthétique,
Naruto Shippuden : Ultimate Ninja Storm 2 s'attaque désormais à l'univers Shippûden et nous proposera ainsi de nouveaux personnages jouables. J'ai même appris que le combattant de Tekken 6,
Lars Alexandersson sera de la partie pour le Versus. L'histoire couvrira jusqu'au combat de Naruto contre Pain et comportera
des décors réalisés par le studio Pierrot (auteur de films et séries d'animation japonais). Le gameplay m'a paru assez proche du premier volet (déplacement au stick, combat en 3D, objets et persos de soutien...). Cela dit, les actions contextuelles (QTE) ont été remaniées afin de proposer un défi gratifiant (des récompenses sont à l'arrivée si le timing est bon) et semblent avoir une option collaborative : le combat de boss disponible dans la démo, permettait en effet à Naruto et Sakura de porter une attaque (induisant un QTE) combinée. Pour le reste, on aura encore droit à un mode en ligne inédit, aux voix japonaises et la date de sortie est toujours prévue pour l'automne, aussi bien sur PS3 et Xbox 360.
Dragon Ball : Raging Blast 2 m'a, quant à lui, paru globalement
très proche de son prédécesseur au niveau du gameplay même si quelques retouches ont été apportées (comme le mode « Fureur » encore assez obscur, qui augmente visiblement la force des coups et intervient lorsque l'on appuie sur une touche après avoir chargé à bloc la jauge de Ki). C'est surtout son aspect esthétique qui a subi un changement d'orientation : les combattants paraissent beaucoup plus reluisants et en relief... on dirait parfois des figurines et je n'aime pas vraiment ça (même si le rendu en mouvement était moins désagréable que celui entrevu sur les captures. La profondeur de champ paraissait un tantinet accrue, tout comme le niveau de détails sur certains aspects des arènes présentées (on voit par exemple désormais la ville au-delà des nuages dans l'arène du Palais de Dieu). Les problèmes de caméra, très décriés dans le premier opus, semblent bien moins visibles. Pas moins de 90 persos jouables (sans compter les différentes transformations) sont au programme. Namco Bandai nous a annoncé également un mode Histoire légèrement remanié : le déroulement de l'aventure sera plus linéaire ; on devrait ainsi pouvoir enchaîner de manière fluide plusieurs missions d'un même chapitre sans avoir à repasser par le menu.
En ce qui concerne
Blue Dragon : Awakened Shadow,
son histoire suit celle du 1er volet sorti sur Xbox 360. Entièrement en 3D (plutôt agréable à regarder de surcroît), la démo présentée permettait de retrouver notamment Shu et Jiro dans un RPG/Action en temps réel. Il sera possible de créer son héros (masculin ou féminin) et également d'améliorer ses équipements (armes, armures, etc.), de bénéficier d'une modification de l'apparence de votre héros en fonction des objets choisis, ou encore de changer d'ombres.
Chez Nintendo (qui avait un stand assez massif et éloigné des autres),
la surprise venait de l'intrigant A Shadow's Tale (Lost In Shadows) développé par Hudson exclusivement pour la Wii.
Avec une esthétique rappelant grandement Ico et Shadow Of The Colossus, le titre se démarque par son concept atypique. Composé principalement de phases de plateforme et de réflexion ainsi que d'un soupçon d'action,
A Shadow's Tale propose de contrôler l'ombre de notre héros au fil des niveaux. Si le Nunchuk permet de déplacer le personnage, le fait de pointer avec la Wiimote offre la possibilité de contrôler objets et sources lumineuses. En bougeant une lumière, on déplace évidemment l'ombre des objets éclairés par cette dernière, ce qui donne des perspectives de gameplay intéressantes (comme atteindre des zones inaccessibles en gérant la perspective, esquiver un ennemi, etc.) rappelant parfois Echochrome. Un titre à suivre.
Sur le stand toujours, on trouvait également le RPG extrêmement prometteur
Dragon Quest IX (qui sort le 20 juillet prochain, nous en reparlerons très vite donc) et
Monster Hunter Tri (pourtant sorti le 23 avril dernier) qui a malgré tout attiré les joueurs, ne serait-ce que pour le joli sac offert après une partie.
Du côté de Square Enix, en plus des figurines inspirées de titres maison et d'ailleurs (Dante, Snake, Bayonetta...), des jeux à prix salon (Dissidia : Final Fantasy à 10 € !!), bandes-originales de jeux, étaient jouables :
Kingdom Hearts : Birth By Sleep,
Final Fantasy : The 4 Heroes Of Light et
Front Mission Evolved. En plus des titres précédemment énoncés, a commencé à titiller les amateurs de Meuporg (pas moi donc) via une présentation de Hiromichi Tanaka (producteur du jeu) promettant grosso modo un jeu plus beau, plus riche et plus fun que FFXI. En plus de cela, Square Enix offrait une clé bêta à tous les visiteurs daignant donner leurs coordonnées électroniques (avec les charmantes hôtesses tapotant sur leur iPad, avouez que c'est plutôt tentant).
Revenons rapidement sur les titres jouables. Bénéficiant d'
un graphisme extrêmement plaisant (et lisse),
Kingdom Hearts PSP nous propose pas moins de trois héros jouables : Terra, Ventus et Aqua qui ont chacun des pouvoirs propres et une aventure sensiblement différente. On retrouve des têtes bien connues de l'univers de Disney (Mickey, Blanche Neige, Stitch, etc.) et un gameplay assez proche du second opus qui demeure tout à fait jouable et plaisant, malgré le manque de touche et le stick en moins sur la portable de Sony. Au final, seuls les temps de chargement, atrocement longs, de la démo proposée ont calmé un tantinet mon envie d'avoir le titre de Square Enix.
Si
Front Mission Evolved m'a laissé totalement indifférent (gameplay basique, graphismes dépassés),
Final Fantasy : The 4 Heroes Of Light m'a plutôt intrigué. En plus de lui avoir donné une esthétique bien différente des précédents opus sortis sur DS, Square Enix a offert à son protégé
un système de combat simplifié et atypique basé sur l'emploi de gemmes. En gros, chaque tour donne aux membres de notre équipe une gemme. L'attaque simple et l'usage d'un objet utilise une gemme, les attaques magiques (comme le feu ou le soin) requièrent deux gemmes. Seule la défense ne demande aucune gemme et permet ainsi de refaire le plein. Les protagonistes sont personnalisables et peuvent changer de classe (Mage noir, mage blanc, Chasseur, Voleur...) lorsque l'on remplace leur coiffe. Visuellement, le titre ne me déplaît pas mais il risque d'avoir des détracteurs. Le style graphique plutôt enfantin, une sorte de
Cel-Shading proche du pastel et doté de couleurs puissantes, représente un pari osé (à l'image du gameplay) qui pourrait bien apporter un peu d'originalité à la série des Final Fantasy sur DS. A suivre donc.
Du côté de Sega, les visiteurs pouvaient découvrir l'explosif
Vanquish de Platinum Games (malheureusement uniquement via des présentations, snif), le rassurant et coloré
Sonic Colours, le déjà classique
Sonic The Hedgehog 4 - Episode 1, ainsi que d'autres jeux déjà sortis sur l'archipel nippon :
Yakuza 4 (déjà
testé dans nos pages),
Phantasy Star Portable 2 et
Valkyria Chronicles II.
C'est surtout Sonic Colours qui m'a interpelé, dans sa version Wii. L'apparente solidité de son gameplay et de sa technique m'ont plutôt enthousiasmé. C'est beau, coloré, vif, assez intuitif et surtout... amusant. De la course / plateforme pure et dure, des parcours aux embranchements nombreux souvent jalonnés de
bumpers, accélérateurs et autres rampes, une alternance entre représentation en 3D et en 2D... Comme
Virgile, j'adhère.
Chez Konami - qui avait plutôt bien joué le jeu cette année - on pouvait retrouver, en plus des séances de dédicace du grand Hideo Kojima et du réputé Naoki Maedia (créateur des Dance Dance Revolution), des tournois
Metal Gear Solid : Peace Walker et DDR, ainsi qu'une présentation de
Castlevania : Lords of Shadow réalisée par Dave Cox, producteur du jeu. En plus de cela, le dernier Castlevania était jouable, tout comme Gormiti, Beyblade, A Shadow's Tale (encore lui) et Captain Tsubasa
récemment confirmé en France.
Pas très fluide et assez éloigné de ses ancêtres dans le fond, Castlevania : Lords of Shadow ne m'a ni forcément emballé ni totalement déplu.
Beat them all à la God Of War, intégralement en 3D, le nouveau Castlevania nous propose de trucider de l'ennemi (des loups par exemple) avec une arme principale extensible et une arme secondaire de jet (couteaux). La démo de la Japan Expo était composée de deux phases distinctes. Une sorte de didacticiel et un passage de course à cheval. Le gameplay étant globalement très inspiré des standards actuels, je n'ai pas forcément été étonné par les commandes même si j'ai noté malgré tout quelques subtilités, notamment au niveau des prises au corps à corps qui nécessite un bon timing (avec un système proche de celui des combats de Lost Odyssey).
La mise en scène n'est pas mauvaise, mais techniquement, la démo oscillait entre des effets pas vilains (
bump mapping, effet de vitesse bien rendu, bonne sensation d'impact) et d'autres choses moins belles (vitesse d'animation insuffisante, ombres parfois disgracieuses, aliasing, certaines textures peu détaillées). Il reste donc encore du travail au studio espagnol MercurySteam Entertainment, et sans doute d'autres présentations montrant davantage les spécificités du jeu, pour tenter de convaincre les joueurs.
Mine de rien (ou de crayon), il y avait tout de même quelques petites choses nouvelles à essayer à Japan Expo 2010 et pas mal de petits trucs à dire ; espérons qu'il y en aura encore plus l'an prochain. L'évènement a tout de même été une fois de plus l'occasion pour moi de rencontrer des joueurs et lecteurs (que je salue au passage) en partageant quelques moments de convivialité avec eux, dans cet antre où chacun peut venir habillé comme il veut ainsi qu'imiter son idole (les cosplays ayant encore été nombreux cette année). Cela donne des moments bien sympathiques, comme celui avec Vincent et sa question :
« Pardon, vous seriez pas le gars qui fait des super blagues sur Jv.fr ? ». Ce à quoi votre humble serviteur a répondu :
« Ah non, désolé. Déjà, c'est "tu", et je suis le gars qui fait des blagues foireuses. Ça doit donc être quelqu'un d'autre. ». A l'année prochaine !
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