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Test Deadly Premonition (Xbox 360, PS3) : 8/10 sur JeuxVideo.fr



Sortie le 29 Octobre 2010 , Xbox 360

Les +

  • Intrigue passionnante
  • Ambiance excellente
  • Un jeu surréaliste
  • Le joueur est impliqué
  • Humour omniprésent
  • Bonne durée de vie
  • Pistes sonores de qualité

Les -

  • Vraiment très moche
  • Pas toujours fluide
  • Prise en main difficile
  • Traduction lacunaire
  • Mixage sonore à revoir
  • Pour public averti
La note de jeuxvideo.fr
8.0
tres bon
La note des internautes
8.0

(203 votes)
Publiée le 22/11/2010 à 18:11, par Maxence

Test de Deadly Premonition : à ne pas mettre entre toutes les mains !

Le mystérieux Deadly Premonition revient de loin. Annoncé en 2007 lors du Tokyo Game Show, le titre d’Access Games est depuis resté discret, pour finalement débarquer chez nous en gamme budget (30 €) trois ans plus tard, uniquement sur Xbox 360. Sous ses atours de « dépotware » mal fagotée, cette production nippone nous a transporté loin, très loin.

Qui a tué Anna Graham ?

Deadly Premonitions
Greenvale, petite bourgade américaine sur le déclin depuis la fermeture de sa scierie, est le cadre d’un meurtre atroce. La belle Anna Graham est en effet retrouvée crucifiée à un arbre, en pleine forêt. Le FBI envoie Francis York Morgan (appelez le York, tout le monde le fait...), un de ses agents profiler, pour épauler la police locale sur l’affaire, qui pourrait être liée à d’autres meurtres. Une mystérieuse graine rouge, un bout d'escarpin à talon et une simple photo pour toutes preuves, et nous voilà plongés au cœur des tourments d'une cité autarcique en pleine déliquescence.

Gameplay #1 - Monde ouvert et personnages

Deadly Premonitions : Gameplay #1 - Monde ouvert et personnages


Deadly Premonition se présente comme un mélange équilibré entre l'enquête pure, basée sur la collecte de preuves et les discussions avec les habitants de Greenvale, et l'action, des « dongeons » rythmant de manière régulière notre progression dans l'intrigue. Profitant d'un vaste monde ouvert, dans lequel on se balade à loisir, Deadly Premonition défini en quelque sorte les contours d'un nouveau genre : l'« Investigation Survival Horror Open World Game ». Rien que ça.

« Tellement mauvais qu’il en est réussi »

Deadly Premonitions
« Tellement mauvais qu’il en est réussi ». C’est par ces mots que nos confrères de Destructoid concluent leur critique de Deadly Premonition, le 10/10 accordé au jeu trônant d’ailleurs fièrement sur la jaquette européenne. Si nous ne partageons pas exactement l’analyse de nos amis américains, nous comprenons parfaitement où ils ont voulus en venir. Ce qui frappe le plus lorsque l’on commence Deadly Premonition, c’est en effet l’accumulation de tares évidentes qui plomberait définitivement n’importe quel autre titre.

A la manière du culte voué à certains navets par les amateurs du 7ème art, Deadly Premonition aura surement une place de choix chez certains joueurs tellement il rate de choses. Techniquement tout d’abord, le constat est implacable : textures qui bavent, ralentissements, bugs en tout genre, Deadly Premonition aurait déjà fait pâle figure il y a cinq ans. Pire, il ne peut même pas se reposer sur un design avantageux ou un gameplay en béton pour convaincre.

Deadly Premonitions
Mixage sonore raté, maniement des personnages et véhicules ultra rigide, localisation perfectible, la liste des défauts que l’on pourrait imputer au jeu est presque sans fin. Pourtant, Deadly Premonition n’est pas le plus grand ratage du siècle, et SWERY n’est pas le Ed Wood du jeu vidéo. Reprenant presque trait pour trait l'intrigue, les personnages et le cadre de la série Twin Peaks de David Lynch, Deadly Premonition réussi le tour de force d'en garder l'odeur mystique et la saveur psychologique, tout en proposant une approche ludique novatrice du Survival Horror, dont il reprend les principales ficelles.

Deadly Premonitions
Le héros tout d'abord, citadin invétéré projeté dans un monde rural qu'il maitrise mal, est en quelque sorte l'incarnation de la modernité qui éclabousse cet univers figé dans les années 60. York le solitaire est plus poli avec son ami imaginaire, Zach, qu'avec les policiers locaux qu'il agace au plus haut point par sa franchise. On retrouve pourtant chez lui la bonhommie décalée du Dale Cooper de Twin Peaks, les personnages secondaires rappelant eux aussi inévitablement l'œuvre de David Lynch. L'adjoint benêt, les femmes fatales, la folle dont la soupière « dit la vérité », les similitudes entre Deadly Premonition et Twin Peaks sont légions. Heureusement loin du plagiat putassier, le titre d'Access Games sonne comme un parfait prolongement nippon de l'univers dépeint dans la série télévisée. Ce n'est d'ailleurs pas étonnant que l'histoire s'éloigne petit à petit du modèle, comme pour marquer sa différence.

Entre Shenmue, Silent Hill et GTA

Deadly Premonitions
Il est très compliqué de décrire le système de jeu de Deadly Premonition. La journée commence à l'hôtel, où vous pouvez vous raser (la barbe pousse en temps réel !), changer de costume (les mouches tournent autour de vous si vous êtes sales) ou réorganiser votre inventaire, entre la précieuse nourriture qui remplira votre jauge d'appétit (game over lorsqu'elle est vide) et les différentes armes, à feu ou non, que vous trouverez un peu partout. On prend un café, histoire de lire l'avenir, et c'est parti pour l'enquête. En général, un rendez-vous est fixé quelque part à une heure précise, et il faut tacher d'y être. L'heure avançant en temps réel, cela laisse pas mal de temps pour visiter les quatre coins de Greenvale.

Le restaurant, le bar, le commissariat, la supérette ou la casse sont autant de lieux ouverts, et donc « visitables », aux heures normales de journée. Entre 8h et 18h, vous pourrez donc aller discuter sans problème avec les habitants de la ville, qui rentreront chez eux après le boulot. Ce traitement réaliste du quotidien s'appuie sur une cinquantaine de quêtes annexes, confiées par les personnages principaux de l'histoire, pour trouver sa légitimité. Et si patienter quand on a cinq minutes d'avance n'a rien de spécialement excitant, dans la vie comme dans le jeu, cela permet à Deadly Premonition d'instaurer un rythme différent à chacune de nos sessions, représentatif de notre propre façon de jouer.

Deadly Premonitions
Deadly Premonitions
Deadly Premonitions
Très proche de Twin Peaks, le casting de Deadly Premonition est éclectique


Les plus pressés fumeront sans doute une clope pour faire avancer (automatiquement, et très rapidement) le temps, et donc passer à la séquence narrative suivante. Les joueurs plus patients prendront quant à eux un malin plaisir à arpenter Greenvale dans ses grandes largeurs pour compléter les anecdotiques (mais sympathiques) quêtes annexes ou trouver les cartes mystères, disséminées un peu partout. Access Game n'impose finalement aucune règle de vie au joueur, qui à part manger et dormir, est complètement libre de ses choix. Il n'y a pas forcément de quoi s'occuper toute une vie, n'est pas San Andreas qui veut, mais l'on pourra cependant choisir de trainer des heures durant dans la forêt, pêcher jusqu'à la nuit avant de faire une petite partie de fléchettes au café : les rendez vous manqués du jour seront automatiquement reportés au lendemain. Il y a du Shenmue dans ce jeu...

Ceci n'est pas un jeu

Deadly Premonitions
Outre ces séquences de pure flânerie, entrecoupées de trajets bien longuets à bord de véhicules jamais vraiment maniables, on retrouve un dimension action, pour le coup nettement plus ressemblante à ce que l'on connait déjà. On s'arrête pour tirer à la Resident Evil, on explore un monde altéré à la Silent Hill, notre lampe torche s'avérant bien souvent salutaire. Petite subtilité, la possibilité de retenir sa respiration pour éviter le combat est intéressante. On pourra même prendre quelque produit médicamenteux pour augmenter temporairement ses capacités d'apnée, notamment lorsque les armes viennent à manquer.

Deadly Premonitions
Jusqu'au boutiste dans l'étrange, SWERY et Access Game s'amusent à brouiller les pistes en permanence ici encore. Les dérangeants commentaires de York à chaque headshot (du genre "oh yeah", "amazing !"...) ou les multiples apparitions du Raincoat Killer, vous forçant à vous cacher (à la Heavy Rain, dont le Raincoat Killer est imperméable !) ou à fuir sont autant de procédés singuliers qui perturbent un ordonnancement des évènements pourtant classique en apparence. Malgré un level design assez quelconque, chaque lieu semble habité par la perversité manifeste de cette communauté repliée sur elle même, où le sexe n'est jamais très loin du meurtre.

Bien aidé par sa bizarrerie assumée et le décalage complet du jeu par rapport à ses enjeux, Deadly Premonition parvient à nous faire ressentir cette dualité de l'existence, entre frustration et jouissance, amour et haine. En ce sens, la réalisation pathétique vient renforcer ce sentiment de gêne qui s'installera bien volontiers chez le joueur, forcément troublé par le surréalisme presque suranné qui gicle par tous les pores de la peau du jeu. Chaque chapitre est l'occasion de faire un pas de plus dans l'étrange, le bizarre, le flou, jusqu'à un final d'anthologie repoussant pendant plus de deux heures les limites de la raison ludique. Même constat sur la musique, les pistes aux styles variés venant diluer ou renforcer les différents effets produits par les dialogues ou les séquences de jeu. L'ultime piste, un air célèbre utilisé complètement à contre emploi, prouve si besoin en était l'ambition du studio à provoquer le joueur. Deadly Premonition ne cherche pas le sentiment facile. Il provoque la réaction et s'en amuse.

Une bonne grosse blague ?

Bazardant son scénario en cours de route, une fois toutes les clés dévoilées, Deadly Premonition s'attache simplement à pointer les limites du média qu'il utilise. Suivre un chien pendant une quinzaine de minutes sous la pluie battante, aussi amusant en vrai que dans le jeu, peut ainsi sonner comme la critique ludique d'un média très enclin à prendre son public par la main plutôt qu'à le considérer en tant qu'acteur. Les quelques questions posée directement au joueur, qui interviennent à chaque fin de chapitre sur fond noir, et qui visent plus à vous sortir de votre rôle de spectateur qu'à vérifier que vous suivez bien l'intrigue, témoignent également en ce sens. Deadly Premonition prend le « joueur » au mot, comme avec cette carte de Greenvale jamais affichée dans le même sens et qui vous force à vous familiariser avec les lieux de manière visuelle, comme si vous étiez vous-même présents dans cette voiture. Irritant, mais malin.

Gameplay #2 - Combats

Deadly Premonitions - Combats


On pourrait ainsi presque interpréter les carences ludiques du jeu comme une profession de foi de son auteur, qui renvoie chaque action anodine d'habitude balayée par les autres titres à sa réalité la plus crue. Si on est bel et bien pris par l'intrigue, bien écrite, le plaisir que l'on ressent n'est jamais simple, jamais évident. Il intervient beaucoup à posteriori, comme une obsession que l'on ressasse en boucle entre chaque session de jeu. Les vingts heures qu'il vous faudra pour terminer le tout (presque le double avec les quêtes annexes) résonnent après coup comme un maelström étonnant d'idées, de ratages, de pièges ou la narration éclatée par le gameplay trouve son écho dans l'intérêt que le joueur y portera. A moins que l'on prenne le tout comme une bonne grosse blague, bien moche mais bien marrante, ce qui peut fonctionner aussi. N'est-ce pas là la force des grands jeux ?

Conclusion

Temporalité hors du commun ludique, investissement permanent du joueur dans l'intrigue et sa progression, dialogues et personnages surréalistes, souci du détail omniprésent et final dantesque, Deadly Premonition est une expérience ludique révolutionnaire qui s'appuie qui plus est sur sa technique branlante pour décupler ses effets. A l'opposé des standards du jeu vidéo moderne, Deadly Premonition singe l'histoire ludique et la dépasse, dans le grotesque assumé de son style. Véritable déclaration d'amour au joueur, impliqué du début à la fin dans l'intrigue comme dans le rythme du jeu, le titre d'Access Game accède sans mal au rang de bizarrerie culte à posséder absolument pour les collectionneurs de l'étrange, juste à côté de Killer 7. A ne pas mettre entre toutes les mains...



Deadly Premonitions
Deadly Premonitions
Deadly Premonitions
Deadly Premonitions
Deadly Premonitions
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Les avis des internautes

Note moyenne des internautes : 8.0
1 BONNE RAISON D'Y JOUER
L'avis de : HayaoMiyazaki
Très bon
Pourquoi ? Tout simplement parce que ça fait très longtemps que j'avais pas jouer à un jeu comme celui-ci ! Purée je l'ai acheté sans rien connaitre du jeu, et c'est le meilleur jeu aux quelles j'ai joué en cette année 2010 !
1 BONNE RAISON D'Y JOUER
L'avis de : mwak
Très bon
Quand on multiplie les negatifs on obtient des positifs. "Bouh qu'il est laid. Bouarg que c'est mal animé .. Ho mais c'est marrant cette idée, puis celle là .. ho puis ce scenario." Voila à quoi ressemblent les premières heures de jeu de Deadly Premonition. Un jeu qu'il faut vraiment tester pour voir si on aime ou non, il est tellement rare d'avoir l'impression d'être autant impliqué dans une histoire, et il est encore plus rare d'avoir des jeux avec du suite ...
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