Civilization fait sa Revolution aussi sur DS

Viva la Revoluzione ?
Nous le disions, sur le fond les choses ne changent pas beaucoup avec cet opus spécifiquement développé pour tenir compte des caractéristiques de nos consoles. Une partie débute donc toujours par le choix du niveau de difficulté (cinq de chef tribal à divinité) et d'un peuple parmi seize civilisations allant des Aztèques aux Américains en passant par les Zoulous, les Allemands, les Mongols ou les Français. Ce second choix n'est pas anodin puisqu'il conditionne le début de partie de notre nation alors que la carte du monde est encore très mystérieuse. Générée aléatoirement, celle-ci se dévoile au fur et à mesure de l'avancée de nos unités, mais durant les premiers instants, il faut savoir rester humble : on ne débute qu'avec une unité de colons et beaucoup d'espoir.




Durant ces premières secondes, il s'agit de trouver le meilleur emplacement pour bâtir sa première cité. Autour de notre colon des plaines, prairies, collines, montagnes et déserts qui ont tous des valeurs différentes en terme de production de nourriture, de ressources et de commerce. Ces trois éléments seront les piliers de notre civilisation : la nourriture permettra bien sûr l'accroissement de nos villes alors que les ressources définissent leur niveau de production pour la construction de bâtiments ou d'unités. Enfin, du commerce dépendent les rentrées en espèces sonnantes et trébuchantes ainsi que le niveau des sciences. Il faut donc trouver le juste équilibre afin que nos villes ne soient pas de grandes cités incapables de produire quoi que ce soit ou de minuscules centres super-industrialisés.

Le but pour Firaxis était de rendre les parties beaucoup plus courtes que sur Civilization IV et, de fait, il ne faut pas s'attendre à des affrontements de longue durée : six ou sept heures nous ont semblé un maximum, même si cela reste encore à vérifier. Autre objectif pour Firaxis : rendre l'ensemble beaucoup plus dynamique, pour ne pas dire beaucoup plus guerrier. Du coup, l'aspect gestion des choses entre moins en ligne de compte et on comprend les assistants de production dans les villes. Après deux ou trois parties maximum, le joueur s'aperçoit que le meilleur moyen de l'emporter est de guerroyer. Pas question de se développer sagement dans son coin, des huttes barbares nous tendent les bras pour acquérir nos premiers points d'expérience.
Vidéo #6 - Journal des développeurs (DS)
Afin de rendre le tout plus animé, Firaxis a également changé la donne au niveau des combats. Plus présents, ceux-ci sont également plus colorés et dotés d'animations très cartoon qui doivent casser l'austérité pourtant déjà bien amoindrie de Civilization IV. Les personnages qui composent nos unités militaires prennent beaucoup de place à l'écran, mais en dehors de cet aspect purement graphique les habitués de Civilization IV retrouveront rapidement leurs petits : un système de bonus / malus très proche du jeu PC est présent afin par exemple de montrer la difficulté de battre une unité fortifié / vétéran. Un bémol toutefois : quand deux unités sont à égalité, le fait de recharger la partie ne permet pas de changer le résultat du combat... Problème dans la méthode de calcul ou système pour éviter les « tricheurs » ?
« Encore un tour et je vais me coucher... »

Sans espace pour s'étendre pacifiquement, les peuples sont littéralement les uns sur les autres après seulement quelques minutes de jeu. La production militaire est assez rapide, des barbares sont donc très proches pour se faire la main et un système d'armées a même été imaginé : trois unités de même type peuvent être assemblées en une super-unité, évidemment beaucoup plus efficace... Du coup, on se retrouve à devoir produire les unités militaires par trois pour leur donner un minimum d'intérêt et ce sont autant de ressources que nous n'allouons pas au développement « pacifique ». Tout a été fait pour mettre les combats au cœur de la partie et c'est sans doute ce qui risque de faire tiquer certains habitués PC des précédents opus de la série.




Autre élément regrettable, mais directement lié à cette omniprésence des combats : le manque de rigueur dans le reste du jeu. Les développeurs ont effectivement tenté de reproduire à l'identique l'arbre des technologies du jeu PC et ils ont également essayé de conserver la même variété dans les unités avec, nous le disions, le même système de bonus/malus lors des affrontements. Du coup, le jeu est beaucoup plus dense que sur PC et les nouvelles technologies s'enchaînent à un rythme presque effréné : les développeurs n'ayant pas intégré de moyens d'améliorer les anciennes unités, on se retrouve bien souvent à avoir encore des archers lorsque les tanks déboulent. Ça n'aurait été qu'un léger problème si ces derniers l'emportaient à chaque combat... Hélas, il arrive qu'une armée d'archers détruisent un tank solitaire !

Firaxis a d'ailleurs largement réussi son coup niveau accessibilité. Même si nous y perdons question profondeur de jeu, cela permet de trouver plus facilement des joueurs à affronter, en particulier compte tenu du public très varié de la DS. Jouer contre un humain a une saveur toute particulière d'autant que ses réactions sont autrement moins prévisibles que celles de l'intelligence artificielle et, cette fois, la durée relativement brève des parties n'est plus aussi gênante : bien sûr, nous perdons toujours l'aspect épique des choses, mais nous avons beaucoup plus de chances de pouvoir réunir du monde et surtout... de pouvoir terminer les parties ! Reste tout de même un problème avec cette version DS : l'ensemble est d'une laideur assez rarement atteinte. La carte du monde est lisible, mais un petit plus à ce niveau n'aurait pas été de refus.



La DS n'est pas une Xbox 360, mais là, on est vraiment à des années-lumières
Conclusion
Conscient de l'aspect sans doute trop élitiste de Civilization IV sur PC, Firaxis a complètement revu sa copie pour nous proposer une adaptation console moins « sérieuse », la réalisation « cartoonesque » en étant la plus évidente des preuves. Cela dit et alors que sur PS3 / Xbox 360, l'ensemble était très joli, il faut reconnaître que la version DS est d'une laideur sans nom... dommage. Le studio a en outre complètement laissé de côté l'aspect épique pour ne pas dire marathon des parties. Aussi bien en solo qu'en multijoueur, celles-ci s'étalent sur plusieurs jours et permettent d'échafauder une véritable stratégie d'ensemble que l'on peine à retrouver sur Civilization Revolution. La simplification de l'ensemble, la profondeur que l'on ne retrouve pas et l'orientation très guerrière du jeu sont autant d'éléments qui gêneront l'amateur de la version PC, mais qui permettent finalement une bonne entrée en matière. Cela dit, la magie opère encore avec des parties plus « décontractées », mais très plaisantes... d'autant que le multijoueur offre de belles batailles !
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