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Test Alone In The Dark : Inferno (PS3) : 0/10 sur JeuxVideo.fr



Sortie le 14 Novembre 2008 , PS3
Publiée le 19/11/2008 à 00:11, par Deez

Test de Alone in The Dark 5

Quelques mois après avoir échoué au moment de transformer ses promesses en actes concrets dans la version Xbox 360 d’Alone in the Dark, les Lyonnais d’Eden tentent un mea culpa avec la mouture PS3, rebaptisée Alone in the Dark : Inferno. Promis, cette fois-ci, les développeurs ont retravaillé leur soft de manière à le rendre moins rigide et moins buggé. Une question reste en suspens. Ce que les p’tits gars d’Eden n’ont pas réussi à faire au cours des quatre années de développement initial, se peut-il qu’ils y soient parvenus en seulement quelques mois de rab ?

Du neuf pour un jeu moins infernal ?Retour au sommaire
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Le lock des ennemis figure parmi les nouveautés de la version PS3
Avant de se lancer dans le test à proprement dit, il paraît indispensable de lister et de commenter les ajustements opérés par le studio de développement en amont de cette version PS3. En ce qui concerne la courte durée de vie du jeu initial, Eden a répondu par un chapitre supplémentaire baptisé Inferno. Pour le problème des caméras lorsque l’on progresse à la troisième personne, les développeurs ont assigné une gestion manuelle de l’angle de vue au stick droit. Un choix judicieux sur le papier qui accuse toutefois de gros problèmes de lisibilité lors des phases d’exploration, voire de plateformes. Juste avant un saut, il n’est pas rare de switcher avec la vue à la première personne pour être certain de ne pas partir de biais. Au niveau de la gestion des combats au corps à corps, le bouton LB permet de locker plus ou moins un ennemi. Ici encore, l’action reste confuse malgré cette implémentation tardive. Finalement, le gros chantier qui retient l’attention est celui de la conduite des véhicules. Fini la maniabilité à s’arracher les cheveux, Eden a cette fois-ci opté pour quelque chose de plus conventionnel et qui s’avère bien plus pratique. Un bon point donc. De plus, la fameuse (fumeuse ?) séquence de fuite vers le parc qui a tant fait jaser au printemps dernier n’est plus aussi pénible qu’auparavant. Notamment grâce aux indications de Sarah qui se la joue copilote. Hormis ces nouveautés et quelques autres ajouts homéopathiques (consulter l’inventaire met désormais le jeu en pause), Alone in The Dark : Inferno demeure identique aux autres moutures New-Gen. Certains bugs ahurissants sont d’ailleurs là pour en témoigner. Bref, plutôt que de rappeler toutes les forces et les faiblesses du soft, pensons à ceux qui n’ont pas encore eu le loisir de batifoler dans Central Park avec Edward Carnby et reprenons du début.

Anomalie anachroniqueRetour au sommaire
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A peine réveillé d'un coma de 70 ans, Edward est déjà capable de pirater des systèmes éléctroniques
Edward Carnby ouvre les yeux sur un monde qui n’est plus le sien. Lui qui a disparu sans laisser de traces plus d’un demi-siècle plus tôt est réveillé de force à une époque contemporaine, dans un hôtel new-yorkais. Groggy, Ed se voit contraint d’emprunter un couloir, puis un autre... Jusqu’à ce que l’homme le menaçant d’une arme se fasse aspirer par une puissance occulte à travers une porte. Dès lors, la lutte pour sa survie débute. A travers un Manhattan à feu et à sang, puis au cœur d’un Central Park maléfique, Carnby n’a que deux choses en tête. Savoir qui il est et sauver sa peau.


Ce nouvel Alone in The Dark s’inscrit en droite ligne du premier opus et met clairement de côté les trois derniers épisodes en date. On retrouve le héros traditionnel de la série, sans sa moustache rousse mais doté d’un physique à la Kurt Russel enveloppé. Ajoutez à cela un vocabulaire châtié et quelques répliques nanardes et vous obtenez un personnage surréaliste. Comme un ancien docteur es sciences occultes reconverti dans le doublage de films avec Richard Harrison. En dépit de l’entêtement des développeurs à rendre leur héros proche d’un Bruce Willis dans Die Hard, le résultat se révèle plutôt déconcertant. La voix française surjouant grossièrement, le personnage de Carnby ne parvient jamais à se montrer charismatique. En tant qu’anomalie anachronique, on ne peut que s’étonner du peu de recul que porte le héros sur le monde tel qu’il est devenu. Vous admettrez qu’il est assez surprenant de contrôler un personnage né au début du vingtième siècle mais qui n’a aucun mal à pirater des digicodes ou à lire ses mails sur un PDA.


Au-delà de cet aspect invraisemblable, le scénario de ce cinquième opus s’avère relativement convenu. Plutôt que de placer n’importe quel démon des profondeurs sur la route de Carnby, c’est Lucifer en personne qui se charge d’être le bad guy de l’histoire. Si le tout demeure cohérent, aucun cliché ne nous sera épargné, à commencer par la prophétie ancestrale et le héros mythologique devant choisir son camp dans une lutte manichéenne à souhait. Pour l’originalité, on repassera.

Je te survivraiRetour au sommaire
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Seules des flammes peuvent anéantir les créatures contaminées par la Fissure
En bon vieux débrouillard, Carnby va devoir se sortir seul du guêpier dans lequel il se trouve. Quelques personnages secondaires se présentent bien sur sa route mais ils ne sont d’aucune aide. D’un grand hôtel sur le point de s’effondrer jusqu’aux profondeurs abyssales d’un Central Park méconnaissable, Eddy va crapahuter durant une douzaine d’heures à travers huit épisodes chapitrés comme un DVD. De manière surprenante, Eden permet aux joueurs de passer directement à la séquence de son choix (excepté le dernier chapitre) afin de ne jamais rester coincé face à un boss ou devant une énigme compliquée. Des « previously » permettent même aux joueurs pressés de tout savoir des péripéties qu’ils auraient pu zapper.


Côté gameplay, le jeu est un vrai Survival. Comprenez que le combat constitue la dernière de vos préoccupations et que la fuite perpétuelle deviendra le crédo du joueur. L’élément central d’Alone in The Dark est le feu. Meilleur ami et pire ennemi à la fois, le feu peut tuer Carnby mais reste également le seul atout permettant d’occire définitivement une créature corrompue par la Fissure (Lucifer). Eclater le crâne d’un zombie à la hache ou au maillet est vain. En revanche, un simple briquet accompagné d’une bombe anti-moustique suffit à transformer la plus méchante des créatures en résidu de cendrier.


Concrètement, le jeu offre deux visions. A la première et à la troisième personne. En appuyant sur le bouton Y, on passe d’une vue à l’autre. Ensuite, l’inventaire de Carnby, délimité par les poches intérieures de sa veste, permet au héros de saisir deux objets simultanément. Un dans la main gauche, un dans la main droite. Cette bonne initiative permet à Ed de combiner des outils en bon MacGyver occulte qu’il est. Un flingue à droite, une lampe-torche à gauche. Ou, comme mentionné plus tôt, un briquet et un spray vaporisateur. Pour les besoins d’une énigme ou pour se débarrasser d’un ennemi redoutable, il devient même possible d’aller plus loin en usant de divers stratagèmes. Cocktail Molotov improvisés, bouteilles d’alcool scotchées sur un ennemi puis explosées à l’aide de balles incendiaires : les bonnes idées ne manquent pas et consolident la réputation de la série en matière de Survival pur et dur. Au rayon originalité, le système de soin est particulièrement bien pensé. Résultantes de blessures causées par les ennemis, les plaies corporelles peuvent être désinfectées ou bandées par Carnby à l’aide d’items ramassés au fil du jeu.


Si les phases de tirs se font obligatoirement et malheureusement à la première personne, il est aussi possible de ramasser des armes de fortune le temps d’un combat au corps à corps. A la troisième personne cette fois-ci, on pourra contrôler les mouvements de Carnby à l’aide du stick droit. Avec une poubelle, une chaise ou une bonbonne de gaz, il s’agit d’effectuer des mouvements réalistes, qu’ils soient verticaux ou horizontaux, pour asséner des coups. Si le pli se prend finalement assez vite dans l’urgence d’un combat, cette originalité du gameplay s’avère surtout sympathique dans l’optique de défoncer une porte ou un amas de débris. Là où d’autres chercheraient la clé idoine à ouvrir telle ou telle porte, Carnby répond par la violence d’un coup de pelle sur une serrure.

A l'ancienneRetour au sommaire
ancienne
Dans cette version PS3, consulter l'inventaire met le jeu en pause, contrairement aux autres versions
Mais en tentant de dépoussiérer le genre du Survival-Horror, Eden donne surtout l’impression de livrer un produit old school, faisant fi de tous les progrès réalisés par le genre ces dernières années. Terriblement archaïque dans sa gestion de la caméra et des déplacements à la troisième personne, le soft devient franchement navrant en visée FPS où une telle rigidité n’avait pas été observée depuis bien longtemps. Certes, Carnby n’est pas un soldat d’élite. Il n’a pas de sulfateuse à triple canon. Il ne dispose, au mieux, que d’un magnum (à la déflagration auditivement misérable) laborieux à diriger et doté d’un auto-aim ringard.


Paradoxalement, Carnby a beau être balourd dans ses déplacements, il demeure incroyablement véloce lorsqu’il s’agit de faire des sauts. Grâce à une détente verticale à faire pâlir Kobe Bryant et des sauts en longueur labellisés Lara Croft 1997, Edward donne la sensation d’être monté sur des ressorts démoniaques. Ne soyons pas trop mauvaise langue. Certains jeux ont, par le passé, surmonté une maniabilité bancale à la faveur d’un background splendide (Shadow of The Colossus), d’une ambiance oppressante (Haunting Ground) ou d’un scénario rondement mené (Rule of Rose). Force est de constater qu’Alone in The Dark n’y arrive pas. Si le maigre scénario a déjà été évoqué, l’ambiance est franchement décevante. A l’exception du début du jeu, parfaitement mis en scène, le titre ne parvient pas à effrayer. Si quelques sursauts peuvent découler de l’irruption subite d’une créature, le soft n'accélère jamais notre rythme cardiaque.


Autre motif de grief, la linéarité du titre. S’il ne faut pas s’offusquer de trouver un chemin obligatoire dans un Survival-Horror, il faut se souvenir qu’Eden avait promis que Central Park serait un véritable monde ouvert. Or, le titre nous emmène toujours d’un point A à un point B. Seul le début du dernier chapitre permet vraiment au joueur d’explorer le parc de fond en comble à la recherche des racines démoniaques. Une fois calcinées, ces racines permettent à Edward d’augmenter sa capacité spirituelle. En appuyant sur le stick droit, le héros ferme les yeux et est capable de voir des choses invisibles pour le commun des mortels. Une autre idée intéressante mais pas suffisamment exploitée.

Central Park décharnéRetour au sommaire
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Les effets pyrotechniques sont dans l'ensemble réussis. Dommage que l'ensemble de la réalisation graphique ne suive pas toujours
Techniquement, ce n’est pas non plus la panacée. En plus de soudaines chutes de frame rate, le titre d’Eden souffre de très nombreux bugs de collision. En voiture, lorsqu’un buisson à moitié invisible et particulièrement robuste vient stopper net une voiture de police lancée à toute berzingue. Mais aussi lors des phases à pied où il n’est pas rare de rester coincé dans certains éléments du décor. Globalement joli, grâce à quelques effets de lumière réussis et de cinématiques loin d’être déplaisantes, on est toutefois très loin de ce qui se fait de mieux sur la New-Gen de Sony, notamment en raison d’un aliasing omniprésent.


Au final, il est bien difficile de déceler de vrais points positifs concernant ce nouvel Alone in The Dark. Saluons toutefois la mise en scène de l’ouverture du jeu qui aurait mérité une suite plus aboutie. Ainsi que la modélisation de Central Park, visiblement réalisée avec minutie. On retrouve d’ailleurs les proportions exactes du parc, avec l’emplacement réel de ses bâtiments, à l’exception des lieux ésotériques implémentés par Eden pour le cachet occulte de son soft. Bien que l’aspect graphique du jeu ne soit pas irréprochable, la vision d’un Manhattan exsangue de toute forme de vie a indubitablement quelque chose de magnifique. Des bâtiments en ruine comme toile de fond d’un Central Park décharné, lacéré d’abimes infinis comme autant de cicatrices. Joli mais dénué de toute profondeur.


Un dernier mot pour saluer la sublime bande-originale signée par les Mysterious Voices of Bulgaria qui accompagne aussi bien les cinématiques que les phases ingame. Dommage une nouvelle fois que l’action et l’aventure n’atteignent pas la même maestria que ces voix venues des Balkans.

Saluons l’initiative d’Eden qui a visiblement pris en compte les critiques des joueurs et qui a tenté le tout pour le tout en ajustant le gameplay de son soft. La tentative est louable même s’il n’apporte que des corrections superficielles au produit. Demeure un jeu inabouti, buggé et doté d’un scénario et d’un background décevant. La première aventure de Carnby sur PS3 possède un arrière-goût amer qui nous abandonne dans la nostalgie du premier volet. Alone in The Past en quelque sorte…
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