Après quelques démonstrations non jouables présentées à l'E3 et à la GamesCom, Sega et Rebellion nous ont conviés à essayer la partie multijoueurs d'Aliens VS Predator. Si on n'en sait pas plus sur le contenu précis des différentes campagnes solo (le Marine sera dans un genre « survival horror », l'Alien dans l'infiltration et le Predator dans l'action), on a pu prendre en main les différentes factions de ce FPS au sein de quelques modes de jeu multi, en compagnie de confrères histoire de donner le change !
Un FPS complet mais pas élitiste
C'est au travers d'une session multijoueurs à six protagonistes, en réseau local, que l'on a pu tâter de la bête. Pour le moment, la seule chose qui nous a été présentée c'est le mode multi pur et dur.
Rien n'a été précisé concernant la possibilité de se faire les campagnes entre amis, en local ou en ligne. Un point qui ne sera vraisemblablement pas exploité, mais à encore quatre mois de la sortie d'Aliens VS Predator, nous ne sommes pas à l'abri d'une bonne surprise. Ce que l'on sait de façon certaine, c'est que le mode multi sera jouable sur une douzaine de maps différentes avec de nombreuses règles particulières (que les bourrins se rassurent, le classique « deathmatch » est toujours présent).
Autant vous le dire tout de suite, votre serviteur n'est pas un caïd en matière de jeux de tir à la première personne. Quand je fais un
« headshot » c'est avant tout par accident (avec le recul de l'arme on ne contrôle pas tellement sa visée), et je sers principalement de victime aux autres joueurs plus qu'autre chose. Forcément, une session multijoueurs avec d'autres journalistes, dont certains aguerris au genre, ça ne s'annonçait pas réjouissant pour mon orgueil. Si je vous dis tout ça, c'est parce que contrairement à mes attentes,
Aliens VS Predator n'obéit pas au schéma classique du FPS, à savoir maîtriser les codes de guerre virtuelle pour devenir un monstre, il laisse la place à beaucoup de subtilité dans la tuerie.
La brute et le truand
Bien entendu, c'est l'exploitation des forces et des faiblesses des personnages (avec l'utilisation intelligente du décor) qui est la clé de la réussite, mais ici un novice peut rapidement assimiler les points forts de son avatar et les mettre à son service. On commence par l'Alien. Il dispose d'un énorme avantage dans ses déplacements.
Le fait d'user du moindre plafond ou de la moindre paroi comme support pour se déplacer est très efficace. Aussi bien pour l'attaque furtive et sournoise que pour la fuite. Un Alien qui sprinte c'est quasiment impossible à shooter, et l'anticipation des déplacements de ce dernier est improbable. Son point faible : aucune attaque à distance. Le « stealth kill » est donc de mise ; mais face à un humain tout seul, se faire les griffes sur son arme à feu s'avère envisageable. Perdre un peu de vie, ça n'est pas grave, on souffle quelques secondes et on se régénère aussitôt !
Le Predator, lui, puise sa force dans sa technologie et ses aptitudes athlétiques naturelles. Son meilleur atout est son camouflage optique : se déplacer et voir, sans être vu. Sa vision thermique n'est cependant pas en reste car elle permet de repérer ses ennemis qui se servent de l'obscurité pour préparer leurs coups en douce.
Le talon d'Achille du Predator c'est la « charge bar » depuis laquelle il puise l'énergie pour ses tirs, ses stimulations énergétiques (ses soins) et la mise en activation de ses mines. Cette jauge doit être rechargée sur des bornes d'énergies éparpillées sur la carte, ce chargement ne peut se faire que si le camouflage est désactivé. Des secondes d'exposition fatales si un ennemi arrive dans le dos.
« Si en solo l'humain est faible, en groupe il devient plus résistant »
Une question se pose légitimement : à quoi sert le Marine ? Parce que les humains ont beau être nos meilleurs spécimens bourrés de stéroïdes et armés jusqu'aux dents, à part se faire égorger, éviscérer, décapiter, éparpiller et j'en passe, leur rôle est théoriquement lié au statut de victimes collatérales. Pas du tout ! Si en solo l'humain est faible, en groupe il devient plus résistant. Le fait d'avoir un œil partout (un qui regarde à gauche, un à droite, etc.) et de cumuler les puissances de feu offre aux courageux humains de quoi tenir tête à tout ce qui en veut à leur vie.
C'est donc à travers des modes de jeu spécifiques que le Marine trouve une certaine force. Parce que malgré son armement lourd, son radar et sa loupiote sur le Canon, quand il s'agit de faire cavalier seul en « deathmatch » c'est presque mort d'avance (si vous aimez les challenges, hein !).
Les Marines sont donc bien plus forts en équipe, et plusieurs modes de jeu ont été conçus en ce sens histoire qu'une faction ne soit pas délaissée au profit des autres. Le mode « Infestation » oppose les Marines aux Aliens.
Un joueur est désigné Alien et doit tuer tous les autres avant la fin du temps limité. Ce qui est vicieux, c'est que chaque Marine tué devient à son tour Alien, mais chaque Alien tué réapparait en tant que tel ! Après quelques « troufions » croqués, les survivants vont commencer à avoir quelques sueurs froides. Le mode « Prédateur » oppose les Marines à un Predator. Ce dernier dispose de 60 secondes pour dessouder un humain sans quoi il perd la partie. À chaque frag, il gagne à nouveau 60 secondes. Un mode dans lequel les humains peuvent choisir de prendre une posture défensive ou de partir à la chasse ensemble : il devient difficile pour le Predator de préparer son approche quand il est traqué.
« Même dans la peau d'un Alien ou d'un Predator, on s'attend à se faire surprendre »
L'ambiance visuelle et sonore est très immersive. Même dans la peau d'un Alien ou d'un Predator, on s'attend à se faire surprendre. Si bien que, sous la pression d'un environnement hostile, on prend parfois peur face à sa propre queue (quelque chose qui, fatalement, nous suit !), ou que l'on se sente obligé de filer devant un danger pas nécessairement avéré. Évidemment,
dans la peau d'un Marine, il est logique de se sentir vulnérable, mais il est agréable d'avoir cette sensation en incarnant les deux autres entités. Dans le même temps, on n'est pas face à un FPS élitiste, mais avec un titre grand public qui s'avère donner avant tout l'avantage à la pratique du jeu en lui-même qu'à l'expérience globale en jeu de shoot.
La première impression que nous a laissée ce mode multijoueurs est très agréable. Même si lors de phases très regroupées façon mêlée des ralentissements se font sentir, le jeu reste fin et suffisamment fluide dans l'ensemble.
La luminosité fait partie intégrante du jeu, car dans le noir on peut se cacher, préparer des coups de fourbe (ouh, le vilain campeur !), mais on peut aussi se faire surprendre. Un Marine qui coupe sa lampe pour se planquer discrètement dans une petite grotte où un Alien attendait qu'on lui livre ses sushis, c'est ballot ! Toujours prévu pour le mois de février 2010, cet Aliens VS Predator est à surveiller de près.